Découvrez bientôt sur ce site, des dizaines de photos sur l'entraînement des gendarmes vaudois à Saint-Astier, au Centre d'excellent européen d'ordre public (CNEFG) !
Le soleil vient à peine de se lever ce dimanche matin quand l’autocar s’engage sur l’autoroute en direction de la France. La route est longue jusqu'en Dordogne, mais les beaux paysages brisent la lassitude du voyage. De quoi passer le temps agréablement avant d’arriver en Aquitaine, quelque 700 kilomètres plus loin. Après avoir traversé la petite ville de Saint-Astier, notre véhicule parvient sans incident à la caserne du Général-Dupuy, au Centre national d’entraînement des Forces de Gendarmerie (CNEFG).
Le CNEFG est juché sur les hauteurs de Saint-Astier. Après avoir passé le poste de garde, nous pénétrons dans ce haut lieu de la Gendarmerie nationale. On est d’abord hébété par la grandeur du site. Puis c’est avec une satisfaction non dissimulée que nous constatons sur les véhicules, les bâtiments et les uniformes, le nom « GENDARMERIE » accompagné de la grenade, symbole des troupes d’élite. Deux jours plus tard, nous sommes au garde-à-vous sur la place d’appel. Malgré la pluie battante qui harcèle la visière de nos casquettes, la traditionnelle cérémonie de la montée du drapeau nous transporte. Moment solennel et fort lorsque des centaines de militaires chantent d’une seule voix « la Marseillaise ». Au terme du discours d'accueil, nos camarades repartent en formation parfaite, entonnant un air martial propre à l’histoire de leur escadron.
Nous voici plongés dans l'atmosphère du Centre d’excellence européen d’ordre public. Nous passons quinze jours en compagnie de nos collègues français. Cet échange d'expérience est riche et passionnante sur bien des points. Ils nous content leur vie de caserne, leurs longs engagements hors de France. Ils parlent des dernières violences urbaines qui se sont déroulées à Villiers-le-Bel et le nombre invraisemblable de blessés dans leur rang. Evoquant leur crainte légitime de retourner sur le terrain, en sachant que des émeutiers avaient tiré à l’arme à feu. Si le côté bienveillant de nos voisins pour les « p’tits Suisses » peut parfois agacer, les gendarmes mobiles nous ont démontré autre chose. Leur accueil était amical, chaleureux, dénudé de toute vanité. Certes, ils affichent leur fierté d'appartenance mais en toute humilité. Quoi qu'il en soit, l’une des grandes forces de notre corporation est cette fraternité qui s’établit naturellement entre les hommes. Est-ce le fait d’appréhender les difficultés de notre métier avec égale conviction ? De s’investir pour les mêmes valeurs ? Cette solidarité naturelle, s’inscrit-elle en nous à cause des risques partagés ? Difficile d’expliquer par des mots ce qu’expriment si bien des regards. Nos camarades se sont montrés intéressés par notre travail. On a pu observer leur stupéfaction en tentant de leur expliquer notre système policier dans le canton de Vaud. Ils étaient effarés d’apprendre certaines de nos interventions : « Quoi ? les gens osent vous appeler pour un accident sur un parking commercial. Mais vous êtes des gendarmes de luxe ! ». Heureusement, chacun de nous avait de quoi sourire des particularités de certaines missions. Dans un pays comme dans l'autre.
C'est chaud Saint-Astier !
La plupart des policiers de la délégation suisse qui participent à ce stage sont volontaires. Ce qui crée une dynamique de groupe appréciable et essentielle. Car cette formation - et c'est le moins que l'on puisse dire - n'est pas de tout repos. Durant deux semaines, de jour comme de nuit, nous déroulons les exercices pratiques au maintien de l'ordre. Un réalisme saisissant. Des barricades et des voitures calcinées obstruent les rues. Des centaines de collègues masqués et casqués prennent le rôle de plastron. Ils mettent du cœur à l'ouvrage et nous jettent un nombre incroyable de projectiles, le tout, accompagné d’un fond sonore irritant, d'explosions, de flammes et de grenades lacrymogènes. Aucun policier du peloton n’a encore été confronté à une telle concentration de gaz. C’est chaud Saint-Astier !
Apprivoiser la peur
Durant le stage, chacun de nous a pu grâce aux pistes jaunes et bleues apprivoiser la peur de l'altitude et défier les lois de l'équilibre. La tour TITI constitua un obstacle vertigineux pour beaucoup. Mais encadré par des instructeurs expérimentés, la plupart d’entre nous ont pris plaisir à descendre en rappel, et tester ainsi ses propres limites. Après un échauffement corsé donné par un instructeur qui avait mangé du lion, nous avons pu nous lancer dans l'exercice de cohésion. Opiniâtres, nous avons réalisé un temps honorable. Tout ceci, dans la bonne humeur. Quoi qu'il en soit, forts d'une nouvelle expérience, c’est pas moins de 169 gendarmes et policiers issus des corps de Vaud, Fribourg, Tessin, Jura, Neuchâtel et la police de Lausanne qui ont participé aux 6 sessions organisées par la Gendarmerie vaudoise. Autant de policiers qui garderont en mémoire le souvenir de leur passage à Saint-Astier.