Boutique
Gendarmerie
Découvertes
Documentation
Reportages vidéos
| Les commandants |
Message du lieutenant-colonel Alain BERGONZOLI
Cet ouvrage s'adresse en priorité aux gendarmes et à leur famille, aux policiers et au personnel civil ayant servi dans les rangs du Corps ou ayant participé étroitement aux actions communes de sécurité publique dans le canton de Vaud.
Il est en effet important de se souvenir que l'activité policière est une affaire d'hommes et de femmes au service de la population et de ses institutions. Depuis 1803, la Gendarmerie vaudoise sert le Pays de Vaud dans un seul but: la sécurité de ses citoyens.
La mémoire au service de l'action «L'Histoire ne nous permet guère de prévoir, mais associée à l'indépendance d'esprit, elle peut nous aider à mieux voir». Paul Valéry
Pourquoi, à l'heure des économies unilatérales, consacrer de l'énergie à la rédaction d'un ouvrage historique retraçant méthodiquement les nombreuses étapes ayant marqué la vie de notre Corps? Tout simplement par respect pour nos aînés, présents ou disparus, qui ont forgé avec conviction la marque qui nous unit: la Gendarmerie vaudoise. Mais aussi, pour transmettre un message aux jeunes générations qui pourront peut-être trouver dans ce livre les racines, certainement les repères et pourquoi pas les valeurs qui, trop souvent, font cruellement défaut dans la société. L'histoire ne peut ainsi manquer de prendre également la signification d'un enseignement de caractère moral. C'est tout un système de valeurs, considérées comme inséparables de l'exercice du métier des armes, qui se trouvent réunies ici. La notion de service public et des devoirs particuliers qu'elle implique, ainsi qu'une certaine conception du sacrifice obscur et volontairement choisi. Ces valeurs constituent un code, une base de référence léguée par le passé et fidèlement transmise de génération en génération. Je suis convaincu aujourd'hui de l'importance d'une identité forte, seule garante d'une cohésion dans l'accomplissement des tâches au quotidien. En effet, la performance ne doit pas être un but en soi. Elle doit être la conséquence d'une volonté d'agir, dans le respect fondamental des lois, accompagnée d'un profond sens des responsabilités sociales.
Un auteur - Un livre Le sgtm Jean-Philippe Narindal a vécu son enfance et son adolescence à Sète, ville de Paul Valéry et de Georges Brassens. Suisse de l'étranger, il a très tôt ressenti le besoin de mieux connaître l'histoire de son Pays. Revenu en terre vaudoise, dont il obtiendra la citoyenneté, il poursuivra ses recherches sur l'histoire de ce canton qui l'avait accueilli, afin de retrouver des racines qui lui faisaient défaut dans son pays d'accueil. C'est ainsi qu'est né son engouement pour l'histoire. «Un poète est un monde enfermé dans un homme» déclarait Victor Hugo. Ce collaborateur quelque peu solitaire, réservé serais-je tenté de dire, a toujours préféré s'exprimer par la plume, notamment la poésie, pour faire partager ses passions, ses craintes et ses espoirs. Ses textes ont été publiés dans diverses parutions corporatives, publiques, ainsi qu'à l'étranger. C'est en raison de ces deux facteurs que j'ai chargé le sgtm Narindal de la rédaction de l'ouvrage célébrant le bicentenaire de la Gendarmerie vaudoise. Je tiens à le remercier pour ce gigantesque travail réalisé, en dépit de ses nombreuses missions quotidiennes et surtout lors des événements survenus en 2003.
La culture du résultat Il ne s'agit pas ici de proclamer une autosatisfaction, mais bel et bien d'analyser, de manière subtile et courageuse, l'activité de la Gendarmerie à travers deux cents ans d'histoire vaudoise. Ce qui est frappant dans l'histoire de notre Corps, ce sont les tâches accomplies sans relâche par plus de 4000 gendarmes qui se sont succédé sans interruption, depuis le 4 juin 1803, afin d'accomplir cette noble mission du maintien de la sécurité et de l'ordre publics. Autant d'actes Tout est et restera question d'appréciation. En finalité, ce qui importe le plus, c'est l'action juste et proportionnée au moment opportun. A analyser de plus près les activités des gendarmes d'hier et d'aujourd'hui, le lecteur réalisera à quel point l'amélioration systématique des résultats fait partie de la culture d'entreprise de la Gendarmerie. Combien de fois ai-je entendu en tant que commandant «Seul le résultat compte». Cet état d'esprit honore le personnel et les cadres du Corps qui, plus que tout autre serviteur de l'Etat, connaissent et appliquent à la lettre les nombreuses directives et règles régissant le service public.
La «marque» Gendarmerie «On ne devient pas un autre homme, mais en nous et autour de nous tout change», a écrit Félicien Marceau. Ce début de siècle est avant tout synonyme de changement. Tout se dissout, tout se transforme, et finalement tout se recrée. Quel sens faut-il donner à la notion de «Corps Pour certains, ces critères semblent dépassés. Et pourtant! L'histoire le démontre, l'homme a toujours eu besoin de repères, notamment dans les instants de tourmente ou d'incertitude, afin d'éclairer la voie à suivre mais aussi de permettre au courage de s'affirmer et finalement d'aller au but. Nous pouvons être fiers d'appartenir à ce Corps dont l'origine, la trace et les résultats en font une marque de qualité.
Garder la flamme «Entre le passé où sont nos souvenirs et l'avenir où sont nos espérances, il y a le présent où sont nos devoirs». Henri Lacordaire Une frontière aux confins du canton en 1803. De l'autre côté du Rhône, le Valais. Deux gendarmes ont arrêté le char d'un paysan. A l'époque, faire contrebande de sel était réprimé avec zèle. Soumise à contrôle, cette denrée ne pouvait entrer sur le territoire du Pays de Vaud pour des raisons économiques. Et cette scène se répétait aux quatre coins du canton. C'était la Gendarmerie d'alors, celle des uniformes remisés au musée, celle de ces dizaines de postes de Gendarmerie, isolés dans la campagne, à des lieues de la capitale ou de toute autre ville de quelque importance démographique. Celle aussi d'une grenade gravée sur un rocher au Pillon, de cette grenade bicentenaire qui orne nos uniformes. Derrière notre respect du passé, nous devons bien admettre le présent et développer notre foi en l'avenir. A ceux qui renieraient leur passé, je répondrais que l'arbre se nourrit toujours par ses racines. Un arbre sans racine, fût-il un chêne, est mort. Mais je rétorquerais avec d'autant plus de véhémence à ceux qui refusent le changement, que cet arbre n'est magnifique qu'avec l'alternance et la succession des saisons. Le Corps de la Gendarmerie n'est-il pas cet arbre dont les branches bicentenaires enveloppent le canton d'une force protectrice, métaphore non alvaudée? Comme la France, comme les autres cantons de Suisse et plus particulièrement ceux de Suisse romande avec lesquels nous entretenons des liens culturels forts, le Pays de Vaud a changé en deux cents ans. A ces gendarmes de 1803, chassant les vagabonds et les déserteurs, se sont substitués leurs descendants qui interpellent cambrioleurs ou chauffards selon leurs missions.
Le monde change, «nos gendarmes» également. Face aux nouvelles formes de criminalité et aux défis de notre environnement moderne, la Gendarmerie vaudoise s'est toujours adaptée. Elle n'a jamais craint d'affronter les tournants structurels, qui se sont multipliés ces dernières décennies. Dès le XIXe siècle, elle partageait le terrain de la sécurité publique au niveau cantonal avec sa soeur cadette, la police de sûreté. En 1941, la police cantonale, chapeautant Gendarmerie et police de sûreté, était créée. Ce mariage des destins ne signifiait toutefois pas la mort de la Gendarmerie dont les actions continuèrent à rythmer la vie du canton. Si le temps s'accélère, notre Corps demeure aujourd'hui solide et au service des citoyens. A l'heure où notre société paye les déséquilibres économiques, démographiques ou sociaux de notre planète, à l'heure où ces phénomènes atteignent une intensité jamais vue, nous avons besoin de la gendarmerie du XXIe siècle, celle de notre époque. Des gens d'armes aux gendarmes, serait-on tenté de dire, pour rappeler que la vie de notre Corps est intimement liée à l'histoire, mais que l'histoire avance. Comme par le passé, soyons, gendarmes, des hommes et des femmes de bien qui savent évoluer vers de nouveaux horizons et défis! La criminalité n'a plus de frontières. Des ponts physiques et psychologiques ont été construits et, de l'autre côté, celui qui faisait contrebande de sel, télécharge peut-être, désormais, des images pédophiles sur internet. Les polices de ce pays l'ont déjà compris pour collaborer sur le plan judiciaire ou lors d'événements nécessitant un dispositif de maintien de l'ordre. Plus loin encore, bien au-delà des frontières de la Confédération, nous travaillons main dans la main avec nos homologues français. Aux régions qui transparaissent à travers les concordats, aux collaborations qui s'instituent, la Gendarmerie doit répondre par l'affirmative. Demain, ces régions aux valeurs, à l'histoire, à la langue communes lutteront unies pour la sécurité de tous. La Gendarmerie du canton de Vaud, par son caractère d'excellence, sera aux avant-postes, en Terre-Sainte, dans la Broye, et partout ailleurs, là où les confins du canton ne seront plus des voies sans issue, mais des portes ouvertes vers la police la plus moderne.
Lieutenant-colonel
|

Les Commandants