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Stèle des Gendarmes morts en service

Stèle des gendarmes morts en service

Musique du film Pearl Harbor - Brothers - Hans Zimmer

29 septembre 2009, c'est avec beaucoup d'émotion que les Gendarmes ont assisté à l'inauguration du Mémorial rendant hommages à leurs frères d'armes tombés en service. Nous leur devons "Honneur et Respect".

Cette date du 29 septembre, n'est pas un hasard, c'est fête de la St-Michel patron des policiers suisses et il est frappant de savoir, que chaque année à cette même date, en Australie, les Autorités participent à la journée du souvenir pour rendre hommage aux collègues tombés en service dans ce pays.

 

 

 


 

Discours de l'adjudant Narindal, Membre de l'Association pour l'Histoire de la Gendarmerie Vaudoise (AHGV) lors de l'inauguration du Mémorial en l'honneur des Gendarmes tombés en service


Mardi 29 septembre 2009 Morges

 

* * *

Adjudant Jean-Philippe NarindalMesdames, Messieurs, les membres des Autorités civiles et militaires, Mesdames, Messieurs les invités, Chère familles, Chers collègues,

 

C'est avec beaucoup d'émotion que j'assiste à cette inauguration du Mémorial rendant hommages à nos frères d'armes tombés en service. Nous leur devons "Honneur et Respect".

 

Cette date du 29 septembre, n'est pas un hasard, c'est fête de la St-Michel patron des policiers suisses et il est frappant de savoir, que chaque année à cette même date, en Australie, les Autorités participent à la journée du souvenir pour rendre hommage aux collègues tombés en service dans ce pays.

 

Mais au-delà de l'Hommage dû, nous découvrons le débat entre la mémoire et l'histoire.

 

Mémoire et histoire, sont-elles en opposition ? Sont-elles complémentaires ?

 

La mémoire individuelle est par nature affective, sélective et faillible. Elle est la vie portée par des groupes vivants, en évolution permanente, ouverte à la dialectique du souvenir, de l'amnésie, inconsciente de ses possibles déformations.

 

La mémoire ne se soucie que de l'enchaînement temporel des images et s'identifie à notre conscience intime du temps. La mémoire installe le souvenir dans ce qu'il y a de plus sacré en l'Homme. La mémoire s'inscrit dans un récit passé, qui se conjugue au présent. Elle constitue l'identité d'un individu.

 

Vous avez tous dit un jour : Je me souviens, c'était il y a deux ans, non peut-être trois…

 

Vous avez souvent entendu votre père dire : Il y a quelques années, j'ai vu ceci ou cela…

 

Vous avez certainement entendu votre grand-père dire : Je me souviens, il y a longtemps, d'avoir entendu ceci ou cela…

 

La clarté du souvenir s'estompe voilée par le temps qui passe. Nul n'y peut rien…

 

C'est l'espérance de vie de la mémoire individuelle et collective.

 

Par contre l'histoire implique un décentrement du regard. Hérodote, a fixé les règles de procédure tendant à la vérité immuable de l'événement.

 

Il affirme clairement "qu'il s'agit d'empêcher que le passé des hommes ne s'oublie avec le temps et que leurs actes perdent toute célébrité."

 

Au contraire de la mémoire individuelle qui est partielle, l'histoire est globale. Cela ne veut pas dire que la première est moins complète que la deuxième, simplement elles procèdent toutes deux d'un mode d'analyse différent.

 

La mémoire respecte un événement personnel, alors que l'histoire conduit à la connaissance globale, qui inscrira un fait dans un ensemble, induit par un groupe, par une institution, par un pays.

 

Cette démarche permet de conserver l'empreinte laissée par l'un d'entre nous dans une vision plus large.

 

A l'inverse de la mémoire individuelle, l'histoire peut paraître impersonnelle, froide, abstraite. Dans sa forme canonique elle semble ignorer ce que l'événement individuel tisse dans nos esprits.

 

Cependant, elle a besoin de nos témoignages, de notre vision et de notre appréciation pour forger sa structure historique et répondre ainsi à son mandat.

 

La mémoire et l'histoire sont complémentaires. Cet hommage que nous rendons aujourd'hui n'est pas réservé à ceux dont nous nous souvenons encore.

 

Il l'est également à tous ceux qui au prix de leur vie ont servi notre canton, tel Daniel Chambaz, matricule 253, premier gendarme tombé en service, mort de froid en 1808, lors d'une patrouille entre Gingins et St-Cergue.

 

Georges Duhamel a très bien distingué la complémentarité de la mémoire et de l'histoire lorsqu'il déclarait : "Le monde a deux histoires : l'histoire de ses actes, celle que l'on grave dans le bronze, et l'histoire de ses pensées qui reste dans nos coeurs."

 

Merci

 

Photos de l'inauguration de la stèle

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