chien2

Brigade canine

Malgré les recherches, très peu de documents ont été retrouvés sur l’histoire de cette brigade. Dans son message, lors du décès du lieutenant-colonel Champod (Commandant de la Gendarmerie de 1908 à 1941) retranscrit le 3 janvier 1942, le commandant Cornaz rendait hommage à son prédécesseur (Ordre général No 694) et déclarait notamment:

«C’est à son initiative, en particulier, que sont dus les cours d’instruction, l’emploi des machines à écrire, l’introduction des chiens de police…»

Le livre de comptes de la Gendarmerie fait état d’un cours de dressage du 8 au 14 avril 1926. La pension journalière payée par la Gendarmerie est de 3.30 fr. par personne. Les frais de subsistance, pour celui de septembre 1926, se monteront à 270.90 fr.

Un compte-rendu du Conseil d’Etat renseigne sur un cours de dressage qui eut lieu le 9 novembre 1926, organisé par M. Braun, directeur de l’Ecole de dressage de Karlsruhe. A cette occasion, deux sous-officiers et 12 gendarmes y participent. A cette époque, la Gendarmerie dispose de 20 canidés, prêtés par les propriétaires de la Fondation «Fortunate Fields».

Un chien de la brigade canine spécialisé dans la recherche de cadavresLa même année, le gendarme Michet, matricule 2524, suivit un cours à l’Ecole de Grünheide, près de Berlin. Il fut dès lors à même d’instruire d’autres gendarmes. A la même époque, M. et Mme Eustis, mécènes, offrirent des chiens à la Gendarmerie vaudoise. Le séjour du gendarme Michet en Allemagne s’éleva à 700 fr. Cette facture, établie le 8 octobre 1926, ne fut remboursée que le 5 juillet 1927.

Le 20 mars 1927, un ordre général règle la tenue des conducteurs de chiens (Ordre général No 440):

«En service, le gendarme accompagné d’un chien ne porte pas le couteau de chasse, mais seulement le pistolet (avec ceinturon).»

Cette même année, le premier prix du concours se déroulant à Chamby sera un service à liqueurs d’une valeur de 88 fr. En 1928, le premier prix sera 12 cuillères à café pour le montant de 76 fr. (écrins compris).

Le 28 mai 1927, nos conducteurs de chiens se rendront à Genève, pour un concours intercantonal. Toujours, selon un livre de comptes (décompte du 1er au 31 juillet 1929), la Gendarmerie achètera deux chiens, l’un pour le gendarme Rossier, pour le prix de 100 fr. et l’autre pour le gendarme Bertholet pour la somme de 150 fr.

Conducteur chien devant le Château de Chillon (Montreux)Le 18 septembre 1931, M. Gustave Ecoffey attestait avoir reçu de la Gendarmerie vaudoise (dossier 10/208/1931), la somme de 150 fr. pour trois moutons,

«qui selon toutes apparences ont été égorgés, le 8 juillet 1931, par le chien policier du poste de gendarmerie de Moudon».

Dans un rapport de situation adressé au commandant de la police cantonale, le 28 septembre 1943, il est mentionné:

«Actuellement une quinzaine d’hommes sont capables de conduire des chiens, mais la Gendarmerie ne possède que dix bêtes, dont 3 de piste, 3 de conduite et 4 jeunes en formation.»

C’est encore dans les livres de comptes que l’on remarque que chaque année, la brigade canine participe à des cours, comme c’est le cas le 19 novembre 1943, où la pension des conducteurs de chiens s’élèvera à 148 fr., et cette autre facture de 206.06 fr. pour fourniture de marchandises, lors du cours du 8 août 1947. Il en va de même pour les concours qui étaient organisés en Suisse. L’inscription pour cette compétition, le 21 septembre 1946, s’élèvera à 85 fr.

Brigade canine de la Gendarmerie vaudoiseDepuis 38 ans (1965), la Brigade canine de la Gendarmerie vaudoise organise chaque année un cours de quatre jours pour ses conducteurs de chiens aux Cluds. Dans ce hameau situé sur la commune de Bullet, nos spécialistes peuvent aisément s’exercer en toute discrétion, sans déranger le voisinage par les aboiements intempestifs de leurs compagnons.

En 1980, la Gendarmerie comptait une trentaine de conducteurs de chiens répartis dans les postes du canton. Au début des années 1990, la centralisation de ceux-ci, au Centre de la Blécherette, s’effectua par étape, les nouvelles recrues étant rattachées au CB.

Patrouille en montagneAu fil des ans, le nombre de maîtres-chiens diminua fortement. Aujourd’hui, on en compte dix-neuf, stationnés à Lausanne. Vers la fin des années 1990, la spécialité de chien d’avalanche fut abandonnée au profit des spécialistes civils. Les chiens de la Gendarmerie vaudoise n’interviennent que pour des missions de police, soit la recherche de produits stupéfiants ou de substances explosives, l’interpellation de délinquants dangereux, la sécurité des policiers, sans oublier la recherche de personnes disparues.

Date:22 mai 2014